

Benjamin Galemiri est un auteur chilien engagé que j'ai eu l'occasion de rencontrer lors d'un stage au théâtre des Quartiers d'Ivry en région parisienne, animé par le metteur en scène Adel Hakim. Nous avons travaillé sur l'une des œuvres de Galemiri, Le coordonnateur, une pièce contemporaine originale qui n'a encore jamais été montée en France. L'action se déroule dans l'ascenseur d'une grande entreprise. A travers une histoire où s'entremêlent scènes de comédie et de drame, l'écrivain chilien se livre à une critique acerbe et sarcastique des luttes de pouvoir, de la marchandisation des rapports humains et des dérives du capitalisme.
La richesse et la cohérence des propos de Benjamin Galemiri, un homme par ailleurs drôle et attachant, m'ont séduit. J'ai été touché par la justesse des multiples messages de la pièce, pour y avoir personnellement fait face dans ma vie professionnelle et lors d'un séjour d'un an en Guyane française, où j'ai pu constater les méfaits de l'européanisation sur la population locale. Aussi ai-je décidé de mettre en scène Le coordonnateur pour le premier spectacle de ma compagnie, "Ca va aller".
La pièce se déroule en huis clos, exclusivement dans un ascenseur. Cela donne une impression d'étouffement, évoquant l'oppression subie par les Chiliens sous le régime de Pinochet et créant une puissante tension dramatique.
Les personnages, aux caractères très définis, représentent chacun une catégorie sociale. Leurs réactions sont totalement imprévisibles. Quand la tension monte, ils se retrouvent dans des situations extrêmes, dévoilant leurs failles : la pièce prend ainsi un virage "délirant".
Dans notre mise en scène commune, Kathy Morvan et moi avons rythmé le spectacle d'une série de symboles gestuels et de gags burlesques, afin faire passer les messages de la pièce le plus légèrement possible, sans entamer leur crédibilité. La musique, jouée en direct, ponctue les répliques et donne au spectacle un aspect vivant.
Je voulais que ce spectacle garde le côté populaire du théâtre en milieu rural : le résultat est surprenant, décapant et interpelle justement le public.
Après la première série de représentations, la troupe est prête à parcourir l'ensemble des départements français, principalement en milieu rural, à la recherche de granges et autres lieux "champêtres" où la pose d'un ascenseur, symbole d'un "business building", donnera un effet quelque peu insolite.
Benjamin Galemiri est écrivain, cinéaste et enseignant Chilien. À 45 ans, il est aujourd'hui un des dramaturges chiliens les plus importants. Il écrit pour le théâtre des oeuvres qui lui donnent une reconnaissance internationale et lui valent de très nombreux prix. Ses oeuvres, d'un humour décapant, qui explorent les thèmes du pouvoir et de la parole, les contradictions de l'homme contemporain, l'éternelle lutte homme-femme, l'érotisme et la religion, ont été traduites et jouées dans plusieurs pays.
On compte en particulier : « Das Kapital », « El coordinador », « El Solitario », « Un dulce aire canalla », « Escaparate », « El Seductor », « El Cielo Falso », « Jethro Asesor ». Sa dernière pièce, « LOs Principos de la Fe » a été créée au Teatro Nacional Chileno à Santiago dans une mise en scène d'Adel Hakim en Août 2002. Il enseigne dans diverses institutions et en particulier à l'Ecole de Cinéma du Chili, à l'Ecole de théâtre de l'Université Catholique, au département Théâtre de l'Université du Chili, au Goethe Institute,...
La scène se passe dans un ascenseur, deux personnes viennent pour un entretien d'embauche d'une grande entreprise, et tombent nez à nez et sans le savoir avec le directeur qui va « tester leurs aptitudes ». Dans l'espace réduit d'un ascenseur, les contacts humains sont étranges, on s'observe, on se sent, on se touche même parfois. Quand surgit la panne, les angoisses remontent, celles des autres deviennent intrigantes voire effrayantes, combien de temps s'écoulera t il avant l'arrivée des secours, s'ils viennent ?...
Les quatre personnages ont des personnalités très distinctes, ce qui nous a permis d'inventer plusieurs histoires parallèles ; comme les critiques de sitcoms, du système juridique, la flexion du capitalisme lors d'un coup d'état puis la reconstruction de ce même système devant une population affaiblie...
Ce petit espace (sans issue de secours), en faisant régner un climat angoissant de proximité entre esclaves et bourreaux, permet également d'insister sur le caractère étouffant d'un système dictatorial. Mis en relation avec les évènements chiliens de ces dernières décennies, cette pièce prend encore un tout nouveau sens.
La femme tient un rôle important dans cette pièce ; bafouée, humiliée, violée, rien ne lui est épargné, comme à l'homme faible, le « puceau ». Le sexe est ici un moyen perspicace de rentrer dans l'intimité des personnages et les fragiliser, ce qui les rend attendrissant et dangereux à la fois.
Tout est fait pour que l'ascenseur de cette entreprise ait l'air le plus « normal » possible à son démarrage. Petit à petit, la chaleur du lieu, ajoutée à celle des corps rend les situations de plus en plus folles et les personnages disjonctent.
La musique de l'ascenseur aussi évolue tout au long du voyage, la guitare (en live) et les chants permettent de donner une dernière touche de couleur à ce spectacle auquel nous nous sommes fortement attachés...
MARLON - Quel étage... m'avez-vous dit ?
MILAN - Je ne vous ai rien dit, monsieur... que je sache...
MARLON - Faudra me le dire, si vous voulez aller quelque part...
MILAN - Attendez... Je vais au 24ème.. Avec suffisance J'ai un rendez-vous très important... trois ans de démarches... trois précieuses années de ma vie. S'ils n'avaient pas changé de secrétaire, je n'aurais jamais pu obtenir ce rendez-vous.
MILAN - L'ancienne me détestait. C'est un fait. Comme s'il se confessait. Mais... moi aussi....
MILAN - Je vais au douzième étage... !
MARLON - Impossible !
MILAN - Comment ça, impossible ? Suppliant. Appuyez sur ce bouton... S'il vous plaît ?
MARLON Il l'observe en souriant. - C'est... une menace ?
MILAN Terrorisé. - Non... pas le moins du monde !
MARLON - Dommage... j'adore la violence...
BRIGITTE - Arrêtez de m'ennuyer tous les deux, ou j'appuie sur le signal d'alarme.
MARLON - Il ne fonctionne pas.
BRIGITTE - Quoi ?
MARLON - Je l'ai débranché.
BRIGITTE Effrayée. - Que voulez-vous me faire ? Arrêtez immédiatement cet ascenseur ou je crie...
MARLON - Personne ne vous entendra.
BRIGITTE - Pourquoi ?
MARLON - Il y a très longtemps que j'ai insonorisé l'ascenseur.
MARLON - Vous avez vu ?
MILAN - Quoi ?
MARLON Imitant Brigitte. - "Pourquoi vous ne nous laissez pas sortir"? "Vous ne nous..." Pluriel... pluriel... Je vois bien que, vous deux, vous êtes de mèche et... Il sort un papier. D'après votre curriculum, mademoiselle Brigitte, vous avez étudié la traduction simultanée anglais-français.
BRIGITTE - D'où sortez-vous ce curriculum ?
MARLON - Oui, j'ai été brutal... J'ai toujours admiré les brutes...
MARLON - What's the problem my baby? Be quiet now...
MARLON - Any trouble?
MARLON - And now... the end is near...
BRIGITTE - Non, s'il vous plaît !
BRIGITTE - Non, je vous en conjure, sur ce que vous avez de plus cher... sur votre mère.
MARLON Touché. - Vous connaissez ma mère ?
BRIGITTE - Je connais les mères au travers des fils...
MARLON - Ma mère était toujours très occupée... par ses affaires... Elle ne m'a jamais fait de crêpes... Vous n'imaginez pas à quel point je la hais...
BRIGITTE - Non, s'il vous plaît... Marlon... Ayez pitié de nous...
BRIGITTE - Vous trouvez ça drôle, espèce d'imbécile ?
MARLON - Ne vous y trompez pas... Vous savez très bien qu'au fond j'ai bon coeur, et que j'éprouve beaucoup de peine pour vous tous...
BRIGITTE - Pourquoi ?
MARLON - Because... Je vous vois là, sans défenses, vulnérables, pauvres petites choses, attendant d'être sauvés. Et tout cela, pourquoi ? Pour vous faire un petit trou dans cette société qui n'offre aucune garantie... une société à laquelle vous êtes inexorablement attachés. A la longue, vous le ferez votre petit trou, mais vous serez corrompus à l'intérieur et votre énergie sera foutue.
MILAN - Quoi ?
MARLON - Prions.
MILAN - Et quoi encore ?
BRIGITTE - Il a raison. Marlon, je trouve que vous avez complètement raison. Prions.
MARLON - Silence... Voyons, voyons...
MARLON - Luger un 17 mm... armée nazi... Oui, c'est ça. Raison du port de cette arme ?
AMIEL - Protection personnelle...
BRIGITTE S'approchant de Marlon d'un air séducteur. - J'ai remarqué que vous me regardiez beaucoup... Si vous voulez, nous pouvons arranger quelque chose d'agréable tous les deux... Mais, je n'aime pas beaucoup faire ça en public... Nous pourrions essayer de sortir d'ici et moi... je serais prête à...
MARLON - Oui... oui! Yeeeessss, yeeeessss! I adore your proposition, baby! C'est une proposition très, mais très intéressante! Et pourquoi pas? Il faut tout essayer!
MARLON - Signez ici... dans la case "prostituée".
Durée du spectacle : 1h15.
Ce spectacle est quasiment autonome nous n'avons besoin que d'un prise électrique et d'une salle où le noir est possible (nous pouvons aussi jouer en extérieur après la tombée de la nuit !).
Décors
L'objectif étant de tourner en milieu rural, dans toutes circonstances, le décor sera très simple. L'ascenseur sera symbolisé par une table sur laquelle les comédiens monteront. Sur cette table d'environ 4m², un cendrier et un miroir. La proximité des personnages vise également à amplifier les rapports de force et les tensions liées aux dialogues. Le fait que les comédiens soient surélevés, permet une bonne visibilité sans estrade à prévoir pour les spectateurs.
La compagnie est entièrement autonome en ce qui concerne la régie, la liste de matériel ci-dessous est donnée à titre indicatif afin d'éviter le transport du matériel si vous en disposez...
Eclairages - Son - Prix
Eclairages :
7 PC 500W
Son :
Un système de sonorisation, avec entrée 2 Micros et une guitare
Prix du spectacle (hors subventions) :
2000 Euros HT + transport et hébergement des 6 comédiens et du matériel.
José Pliya est un auteur béninois, audacieux et talentueux. Il arrive à décrire l'insupportable sans se voiler la face. Après avoir travaillé à ses cotés à la Comédie de Caen en Septembre 2003, j'ai eu très envie de me plonger dans l'un de ses textes. Une famille ordinaire, pièce courte et incisive, m'a touché et a éveillé en moi de nombreuses idées de mise en scène.
José Pliya a été témoin du génocide rwandais en 1994. Horrifié par les massacres, il a voulu écrire dessus, mais la douleur était trop grande et la distance lui manquait. Il a donc choisi de situer sa pièce pendant... la Seconde guerre mondiale.
Une famille ordinaire trace le destin cruel d'une famille allemande modeste dont le fils s'engage dans la Wehrmacht et participe au génocide juif. Entre brûlures à vif, sensualité et humour, les propos soulevés ici sont encore malheureusement d'actualité.
La représentation de cette pièce a été suivie dans la salle de débats intenses quant aux choix des personnages de la pièce, étant donné que la Picardie a été une terre très meurtrie par la guerre.
José Pliya est né en 1966 à Cotonou au Benin. Professeur de lettres, il a été directeur de l'Alliance Française pendant plusieurs années. Il est l'auteur d'une douzaine de pièces dont "Négreances", "Le masque de Sika" ou "le complexe de Thénardier" (création au Théatre du Rond-Point, Novembre 2002), il est auteur en résidence de création au centre Martiniquais d'Action Culturelle, Scène Nationale de la Martinique. Sa dernière pièce a été écrite pour la Comédie Française (Paris).
1939-1945. La famille Abraham est une famille Allemande, originaire de Hambourg, une famille luthérienne de la petite bourgeoisie. Une famille ordinaire. Il ya Oskar le père, à la retraite ; il y a sa femme Elga, la bonne cuisinière ; il y a leur fils Julius et sa femme Dörra, si belle, si amoureuse. Il y a leur fille Véra qui nous raconte l'histoire de sa famille.
C'est une famille « normale », avec ses petites joies, ses petits secrets, ses petites frustrations et ses petits voisins avec qui on vit en bonne entente, sans problème.
La famille Abraham va traverser la guerre, de façon ordinaire : petites peurs, petits espoirs, petites délations, petits héroïsmes, petits massacres...
Ce texte dur, nous avons choisi de le traiter avec distance, sans jugement. Nous avons travaillé dans l'absurde, le clown et n'avons finalement gardé que le maquillage du clown et les attitudes corporelles qu'il imposait dans le travail. Les personnages du souvenir de Véra (qui raconte l'histoire) sont dessinés sans couleur. Nous nous sommes raconté que Véra retournait sur les traces du passé, dans la maison Abraham et redécouvre les meubles et les souvenirs qui vont avec, ce qui anime les scènes. Les " fantômes " vivent dans le même espace mais les deux mondes ne se croisent presque jamais. Presque car le clin d'œil nous semblait amusant sur quelques détails comme le gâteau de la grand mère ou la poupée de la petite fille… Cette distance nous a permis de déceler dans ce texte quelques moments drôles dans l'écriture qui accentuent l'aspect dramatique des situations qui suivent.

Un seul espace, mais dans deux temps différents: le présent de la narratrice (qui est la petite fille) et une période du passé racontée : 1939-1945. Un décalage de deux visions différentes où la communication est impossible renforcée par la proximité dans le temps et l'espace du jeu de la représentation :
Passé : représentation indirecte d'une vérité douloureusement vraie racontée avec distance dans le jeu stylisé, expressionniste et dans la mise en scène: noir et blanc comme un vieux film retransmis où les personnages apparaissent tels des" restes" d'êtres humains par leurs aspects mécaniques et fantomatique comme des marionnettes parfois monstrueuses et excessives comme grossit à la louveté temps en temps des apparitions fantastiques apparaissent derrière un voile pour montrer lune image cauchemardesque et un chant opéra allemand accompagnera cette vision pour renforcer la démesure de l'horreur.

Présent : représentation directe de souvenirs restrictifs de ce passé transformé (faussé surtout par la version des grands parents) raconté par un personnage vêtu de couleur vive avec un jeu cette fois très réaliste, concret et simple en adresse directe et proche du public;un spectacle qui joue donc avec le mélange de genre:un jeu réaliste pour la naïveté, la crédulité de la petite fille aujourd'hui adulte, est porté en dérision par un jeu stylisé et parfois surréaliste qui raconte ce qui s'est réellement passé et finit par tracer un portrait monstrueux de cette famille ordinaire en contradiction totale avec ce qu'elle s'imagine. L'horreur de la réalité est accentuée par le rythme :Le tic tac" ordinaire" et régulier d'une horloge imposante dans le décor rythme la routine d'une famille qui veut toujours faire bonne figure et garder la tête haute, transfigurée dans le quotidien d'un repas. Mais ce rythme va se trouver perturbé à partir du moment où le fils annoncera qu'il se porte volontaire pour partir à la guerre. Les 3 autres personnages vont se retrouver privés de leur seule raison de vivre puisqu'il finira pare disparaître définitivement et c'est la que vont apparaître les accélérations de leurs éclats de colères et les ralentissements de leurs moments de lassitude et d'ennui rituel du repas précédé toujours de la prière habituelle autour de cette table que l'on fait et défait sans cesse avec de moins en mois de conviction illustrée par une musique d'orgue de barbarie et par le bruit des cuillère dans les bols vides. Enfin cette guerre qui pèse de plus en plus va ralentir le rythme et assombrir le décor où les personnages apparaissent presque en contre jour vers la fin pour se transformer même en ombre chinoises jusqu'à la mort du grand père qui termine le spectacle enfin nous avons comme un jeu de perspective avec une mise relief de l'espace délimite par des voiles ou des drap suspendus qui représentent les murs de cette maison ou un élément du décor symbolise à chaque fois la pièce. Ainsi, plus on avance dans le spectacle, plus l'action s'éloigne dans le fond du plateau jusqu'à disparaître.
Comme nous n'avions que très peu de temps de répétition, il nous semblait nécessaire que la scéno soit solide et efficace. Les espaces ont été dessinés sur trois niveaux le premier étant celui de la salle à manger dans laquelle se passent la plupart des scènes. Le deuxième niveau, 60cm plus haut, laisse place à une entrée et la chambre de Dörra, un rideau les cache quand elles ne sont plus en jeu. Et le troisième niveau, encore un peu plus haut est caché par des draps tendus : la cuisine et la chambre des enfants se jouerons en ombres, ce qui au final a révélé de très belles images, renforçant à la fois la cruauté des grands parents et délimitant très nettement les reliefs de la maison. Une idée que nous souhaitons approfondir pour la scéno du Rhinocéros...
Dörra - Alors ?
Julius - Je suis pris.
Dörra - ...
Julius - Je suis pris dans le cent douzième bataillon
Dörra - ...
Julius - On part demain
Dörra - ...
Elga - Félicitation Julius.
Julius - Merci maman.
Oskar - Comment vas-tu ?
Julius - Je suis fatigué.
Oskar - Ton bataillon est en ville depuis hier.
Julius - Comment tu le sais ?
Oskar - Raconte moi.
Julius - Il ne s'est rien passé.
Oskar - Ne te fais pas prier.
Julius - Tu vas etre deçu...
Oskar - Tiens, bois un coup
Julius - Je veux voir ma fille !!!! ... Je ne veux plus que ma fille aille chez des étrangers. Je ne veux plus que ma fille traîne dans une maison étrangère. Je ne veux plus que ma fille mange des plats étrangers. Je ne veux plus qu'elle dorme dans un lit étranger. Qu'elle joue avec une étrangère. Je ne veux plus.
Dörra - tu es injuste. Ce sont les voisins. Leur fille a le même âge que notre Vera ; c'est sa copine. Elle aussi dort chez nous.
Dörra - Il va vous étonner. Quand je vous raconterai ses soliloques, vous n'en reviendrez pas. Je sais que vous voulez savoir. Je sais que vous prenez délice à tout connaître, les moindres souffles, les moindres sueurs de cette guerre qui ne veut pas de vous. Vous attendez chaque retour de votre fils pour vivre par procuration, un peu du feu et de la poudre. Vous êtes un homme étrange, Oskar. Mais chaque retour est une déception et ce matin, vous vous retrouvez comme moi, en territoire de frustration. Julius ne vous raconte rien ; mon mari ne me touche plus. Nous voilà à égalité avec chacun une arme pour soulager l'autre. Vous êtes un homme avec les attributs d'un homme ; je suis une femme avec au bout de sa langue de quoi vous satisfaire. Nous pouvons marchander.
Durée du spectacle : 1h15.
Ce spectacle est quasiment autonome nous n'avons besoin que d'un prise électrique et d'une salle où le noir est possible (nous pouvons aussi jouer en extérieur après la tombée de la nuit !).
Décors
L'objectif étant de tourner en milieu rural, dans toutes circonstances, le décor sera très simple. La table de salon sera donc la scène autour de laquelle les spectateurs s'essayeront. La proximité des personnages vise également à amplifier les rapports de force et les tensions liées aux dialogues. Le fait que les comédiens soient surélevés, permet une bonne visibilité sans estrade à prévoir pour les spectateurs.
La compagnie est entièrement autonome en ce qui concerne la régie, la liste de matériel ci-dessous est donnée à titre indicatif afin d'éviter le transport du matériel si vous en disposez...
Eclairages - Son - Prix
Eclairages
7 PC 500W
Son
Un système de sonorisation, avec entrée 2 Micros et une guitare.
Prix du spectacle (hors subventions)
2000 Euros HT + transport et hébergement des 6 comédiens et du matériel.

La compagnie "Ça va aller" prolonge son travail de création théâtrale en affirmant peu à peu sa singularité par ses choix artistiques. Une sensibilité commune à tous les membres de l'équipe se tisse à travers une cohésion de plus en plus solide.
Son désir est de monter des spectacles qui donnent à entendre un propos percutant s'inscrivant dans une réelle réflexion sur l'actualité tout en explorant des thèmes universels qui lui sont chers tel que l'abus du pouvoir et la violence qui en résulte. Les trois textes précédemment montés qui sont Le Coordonateur de Benjamin Galémiri, la Question de Henri Alleg et La Famille ordinaire de José Pliya, en étaient fortement imprégnés.
Dans le Rhinocéros de Eugène Ionesco que nous avons choisi de monter prochainement nous approfondirons ces thèmes puisque cette pièce nous raconte l'histoire d'une société qui se retrouve embrigadée dans une dictature implacable.
Notre désir est également de surprendre en jouant toujours sur la corde sensible du tragi-comique où l'on hésite constamment entre la légèreté et le drame. Ce perpétuel changement d'état (qui ressemble au combat intérieur que l'on mène dans la vie de tous les jours) nous intéresse car il permet de mettre en éveil les sens. L'esprit est alors interpeller à se questionner parce qu'il est tiraillé par des contradictions humaines.
Le théâtre de l'absurde nous a paru très approprié pour continuer ce travail puisqu'il offre un jeu d'une grande liberté dans son désir de dépasser la réalité pour mieux s'en moquer. Il donne l'occasion de dénoncer certains aspects d'une triste réalité sans tomber dans le piège d'un cadre qui réduirait le propos à une simple leçon de morale sans pour autant le rendre trop anecdotique non plus.
La légèreté et la poésie de l'écriture d'Eugène Ionesco ouvre des portes à l'imaginaire pour nous raconter avec subtilité la douloureuse cruauté de l'existence.
Cette citation de Oscar Wilde pourrait résumer cette idée que nous voulons défendre: "Le monde a toujours ri de ses tragédies, car c'est la seule façon de la supporter."
Eugène Ionesco est né en Roumanie en 1909 et mort à paris en 1994.
Il vit son enfance en France puis à Bucarest ou il suit des études de lettres et commence à écrire des articles et des poésies.
En 1936 il se marie puis devient professeur de français et il revient vivre en France, inquiet par la montée du fascisme en Roumanie.
Mais en 1940 il est mobilisé et doit retourner en Roumanie où le dictateur Antonescu règne en monarchie. En 1942 il fuit à Marseille et survit à la misère grâce à ses traductions. En 1950 il devient citoyen français.
Il se fera connaître en écrivant de nombreuses pièces de théâtre tout au long de sa vie : La Cantatrice chauve ; Jacques ou la soumission ; la leçon ; les Chaises ; Victime du devoir ; Tueur sans gage ; le Roi se meurt etc...
En 1969 Il obtient le grand prix littéraire de Monaco et en 1970 il est élu à l'Académie Française.
En 1958 De plus en plus connu dans le monde, il est attaqué avec violence dans l'Observer par Kenneth Tynan qui lui reproche le contenu apolitique de son théâtre. Ionesco répond dans un article fondamental, repris dans Notes et contre notes, que le théâtre n'a rien à voir avec le didactisme brechtien. Il est dès lors suspect pour certains critiques.
Toute son œuvre est marquée par la dualité. Tour à tour ou à la fois comique et tragique, anarchiste et humaniste, avant-gardiste et classique. Cette dualité semble inscrite dans sa biographie.
Enfin, derrière l'humour provocateur de Ionesco se cache une de ses intuitions fondamentales, c'est la capacité d'étonnement devant le spectacle des hommes et du monde qui constitue la source de sa " philosophie " et de toute son œuvre.


Dans une banale petite ville de province, un dimanche matin, l'éruption d'un rhinocéros fait scandale. L'animal est bientôt suivi d'un deuxième. Malgré les septiques, il faut se rendre à l'évidence : les rhinocéros se multiplient et envahissent peu à peu la ville. Mais on découvre qu'il ne s'agit pas d'une invasion, ce sont les hommes qui, les uns après les autres, se métamorphosent en animaux. Jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un seul être humain…
Cette pièce en trois actes et quatre tableaux a été écrite en 1959. C'est l'allégorie d'une dictature qui envahit une société trop vulnérable. Ionesco a voulu dénoncer le formalisme et le dogmatisme d'une société où les individus privés de leur bon sens adoptent une pensée figée et stéréotypée.

Nous partirons d'un dispositif scénique large et très ouvert qui se réduira au fur et à mesure du spectacle et gagnera en hauteur et en profondeur à chaque nouvel acte. Ainsi nous montrerons le rétrécissement de cette humanité face à l'invasion grandissante du monde des rhinocéros environnent. Pour cela, nous mettrons en place des praticables pour marquer 3 étages sans compter le "rez-de-chaussée" qui rehausseront et rétréciront peu à peu le plateau.
En outre, nous ferons apparaître un brouillard épais à l'aide de fumée artificielle qui l'encerclera peu à peu. Ce dispositif mettra donc en évidence progressivement la vulnérabilité des personnages humains livrés à leur destin tragique. Ils nous apparaîtront comme des êtres voués à subir des influences extérieures de plus en plus tyranniques comme s'ils étaient des souris de laboratoire à grande échelle. Il seront observés comme à travers une loupe de plus en plus grossissante et précise qui finira par montrer la panique ultime d'un homme apparemment davantage résistant: Bérenger.

Pour renforcer cette vision de plus en plus ciblée nous renforcerons l'effet de dépouillement progressif par une idée d'abondance et une diversité dans les couleurs et les formes a travers le décor, les accessoires et les costumes du début. Une multitude de personnages seront représentés par des ombres chinoises ou par des projections vidéo sur un grand écran en fond de scène qui sera réutilisé plus tard pour représentés les rhinocéros et nous irons vers un dénuement progressif angoissant où les éléments disparaîtront non seulement pendant les changements de décors entre les actes mais aussi à l'intérieur même de l'action, à vue: les écriteaux les portes ou même des pans de mur s'écrouleront. L'escalier qui relie cet univers au monde extérieur symbole d'une porte de sortie prendra beaucoup de place pour que sa démolition donne une impression de grand déséquilibre.
L'espace de jeu de plus en plus étroit et élevé évoquera une sensation de vertige et accentuera l'image finale de ce rescapé isolé, unique représentant de la race humaine. Bérenger se tiendra debout sur son lit comme s'il était sur un radeau au milieu d'une mer mouvementée et peuplée de monstres...
Enfin pour insister sur l'idée que l'univers ordonné et homogène du début n'est qu'une façade superficielle qui cache de nombreuses failles, nous mettrons en place un décor faussement réaliste semblable à un grand jeu de construction d'enfant en utilisant des supports transportables et modulables avec des matières souples, légères et facilement cassantes ou " effritables ". (Cartons, pâte à bois...) Ceci contrastera avec l'impression de force et de poids qui émane du monde des rhinocéros.

Le jeu de lumière viendra soutenir cette mise en relief: d'une lumière intense diffuse et chaude, on s'orientera petit à petit vers une lumière moins forte, froide et restrictive à l'aide de lampes directes osées à même dans le décor sur un bureau ou une table. La lumière s'assombrira radicalement dans les 2 derniers tableaux suggérant l'enfermement des personnages et l'image finale sera éclairée par de simple bougies (très légèrement renforcé bien sur) symbolisant le dernier espoir de cette société mourante. Parallèlement, le monde des rhinocéros, illustré par une lumière verte, s'insinuera imperceptiblement a l'aide d'une fumée jusqu'à rendre une atmosphère glauque très dense qui anéantira toutes les autres couleurs.
En ce qui concerne l'ambiance sonore, nous ferons en sorte de mettre en valeur 2 univers distincts au même titre que la lumière: celui des humains et celui des rhinocéros. Nous partirons d'un thème musical très léger qui variera tout au long du spectacle pour devenir petit à petit lourd et grave. Une bande sonore composée de musique et de bruits du quotidien (qui ressemblerait aux compositions originales de Hugues Lebarre, composée ici par Adrien Ledoux) appuiera ainsi cette invasion barbare: d'une musique douce et fluide illustrant un dimanche ensoleillé et tranquille nous dévierons vers une musique carrée et saccadée rythmant le monde strict et froid du bureau pour terminer par une musique qui ressemble étrangement à une marche militaire.
Puis cette musique laissera place au vacarme des rhinocéros jusqu'à disparaître: le silence présent par accalmie ponctuera le dernier tableau et tiendra en haleine par la force qu'il dégagera face au fracas. Cette alternance contrastée apportera un suspens intéressant qui exprimera l'enjeu de la survie de Berenger prêtant constamment une oreille à l'extérieur.
Enfin le rythme et la tonalité de ce spectacle sera à nouveau porté par le jeu des acteurs qui adopteront un registre burlesque dans lequel des personnages hauts en couleur s'apparenteront à ceux des Tex Avery où à ceux des films muets. L'intérêt sera de faire sentir l'urgence avec laquelle ils seront amenés à agir sans avoir la liberté de choisir comme s'ils étaient manipulés par une force extérieure.

A partir du rythme tranquille de croisière du début, ils s'agiteront, de plus en plus terrifiés, comme s'ils étaient pris de panique sur un bateau qui coule et ils joueront avec un déséquilibre troublant qui les forcera à se déplacer sans cesse. En outre, les comédiens interprèteront ce texte comme une véritable partition musicale avec ses changements de tonalités, de tempos, ses nombreux crescendos et decrescendos et ses points d'orgue. La parole, autant que le geste, seront mis au service d'une sorte de mécanique complexe et inflexible, composée de mouvements et de sons, semblable à une opérette ou à un ballet avec ses entées, ses sorties et ses trajectoires qui mèneront les personnages droit dans le murs comme des taureaux fonçant avec des oeillères.
Nous éviterons par conséquent tout jeu psychologique pour choisir un jeu physique et verbale exacerbé naissant d'une tension purement organique. Ce jeu offrira au comédien une grande liberté, l'autorisant à naviguer dans la farce autant que dans le drame avec la même force d'investissement.
L'objectif final sera donc, avant tout, de donner à voir une machine infernale qui ébranle les sens et le sens, dans tous les "sens" du terme, pour nous plonger dans un monde fantastique et poétique tout en partant d'un certain réalisme. L'imprévisible est alors permis dans le jeu comme dans la mise en scène dès lors que l'on a donné les codes et les clefs pour entrer dans cette fable guignolesque. Toute la subtilité sera de veiller à trouver le bon dosage entre le tragique et le comique pour jouer avec le juste équilibre comme le funambule sur son fil...Pour cela nous nous inspirerons d'une citation de Ionesco: "Les comédiens sont entre personnages réalistes et marionnettes: insolites dans le naturel et naturels dans l'insolite".Ils sont "le miroir ou le symbole des contradictions universelles".

Mise en scène :
Kathy Morvan
Scénographie :
Laurent Savalle / Thierry Vareille / Kathy Morvan
Décors :
Jean-Pierre Raverdy / Cyrille Nitkowski avec la participation de la menuiserie et secteur électricité de l'EPSMD
Direction Lumière :
Thierry Vareille
Direction Son :
(en cours)
Création costumes sous la direction de :
(en cours)

Construction marionnettes et manipulations :
Cyrille Nitkowski avec la collaboration du Castelet à Musique
Direction de la régie plateau :
Fabien Marais
Maquillage / coiffures :
(en cours)
Comédiens :
Emmanuelle Osmont, Laurent Gernigon, Jean Philippe Molé, Nathalie Davoine, Laurent Savalle. (Distribution en cours)
Co-productions :
Compagnie " ça va aller… ", Conseil général de l'Aisne, Wall works, Maison des Arts et Loisirs de Laon, mairies de Pinon et de Chavignon, communauté de communes des Vallons d'Anizy en résidence au centre culturel de l'hôpital psychiatrique de Prémontré.
Co-production en négociation :
INSA de Rouen, Maison de l'université de Rouen, CDN Limousin, Théâtre des 2 Rives (CDR Rouen), Comédie de Picardie, Conseil régional de Picardie, Conseil général de l'Oise, mairie de Laon, communauté de communes Champagne Picarde.
Lorsque j'ai lu la première fois La question, je vivais en Algérie où j'ai grandi jusqu'à l'âge de 18 ans. C'était en 1997, le pays était le théâtre de terribles violences et le récit d'Henri Alleg m'a bouleversé par son actualité. Certes la guerre coloniale n'a rien à voir avec la guerre civile mais ce texte, qui avait mis en péril la IVème République et le système colonial, me sembla d'une extrême efficacité dans la dénonciation de toutes les violences.
Une dizaine d'années plus tard, j'ai relu le texte et j'ai trouvé qu'il avait sa place sur une scène de théâtre. Ce monologue contient en effet un suspens terrible - va-t-il résister à la torture ? - et pose une question, fondamentale : comment résister à la torture ? La réponse se trouve dans l'humanisme qui porte le récit, et ceci me laisse croire que cette parole sera au moins aussi forte sur scène.
Depuis, les évènements de l'après 11 septembre 2001 et le recours à la torture par des militaires venant de nations démocratiques m'ont renforcé dans ma conviction que la dénonciation de la torture est non seulement toujours actuelle, mais aussi vitale. L'œuvre d'Henri Alleg, 50 ans après, prend ainsi une dimension universelle.
Nous avons décidé de jouer le texte dans son intégralité. Pour que les mots puissent prendre pleinement place dans l'imaginaire du spectateur, et par souci d'éviter un réalisme obscène, il nous a semblé préférable de jouer dans un espace nu. Un ensemble de chaises d'école en bois et en métal seront utilisées. Elles permettront, plutôt que d'illustrer l'espace réel tel que Henri Alleg l'a connu, de suggérer des ambiances, des rapports à son espace intérieur ou intime. Une création lumière est prévue dans la même orientation artistique.
L'interprétation ne saurait être prédéfinie, mais nous avons une envie commune d'éviter tout parti pris plaintif, misérabiliste ou même moralisateur. Nous voulons faire pleinement confiance au récit sans le dénaturer ou le récupérer.
Notre création sera doublée cette année d'actions culturelles. En effet, forts de l'expérience que nous avons vécue cette année sur le canton d'Anizy-le-château, nous sommes persuadés qu'il est important de sensibiliser la population à notre travail avant de le présenter. C'est pourquoi les 10 semaines de répétitions seront réparties dans l'année 2006 (suivant financements peut être jusqu'à la fin de l'année scolaire 2006-2007) en cinq périodes de travail, cinq quinzaines culturelles proposées à cinq lieux et cinq secteurs différents.
Nous souhaitons donc trouver cinq partenaires intéressés par notre travail et qui accepteraient de nous recevoir pendant 15 jours. Pendant cette période, les dix comédiens engagés sur le projet seront mis à disposition des écoles maternelles, primaires et secondaires, des structures culturelles, centres hospitalier et autres établissements intéressés afin de mettre en place des ateliers de pratique artistique. Ces ateliers permettront à notre compagnie de faire connaître son travail et aussi d'inciter les participants à se déplacer au théâtre.
Ces actions commenceront à Prémontré (du 10 au 21 Avril 2006), l'idéal serait pour nous de poursuivre tous les deux ou trois mois avec, comme objectifs une action à la MAL (Laon), une à Chauny (Forum), une à Gauchy (MCL) et une à la Maison de la culture d'Amiens.
Nous espérons aussi être sélectionnés pour le festival d'Ermenonville sur Ionesco en Juillet 2006.
Créés dans ces conditions, nos spectacles auraient une chance de pouvoir ensuite tourner en milieu rural comme nous le souhaitons.
Rappelons tout d'abord les objectifs de notre compagnie professionnelle : diffuser des spectacles vivants en milieu rural. Originaire d'Anizy le château, il me semblait important que notre action parte de là. Déjà présents dans quatre départements nous espérons bientôt diffuser ces formes légères au plus grand nombre de cantons isolés de toutes formes de théâtre.
Nous avons choisi cette année de privilégier la rencontre avec le public, la population locale. Dans ce but nous souhaitions offrir des ateliers en milieux scolaires, au centre hospitalier de Prémontré, dans les médiathèques et aux clubs 3ème age.
Soutenus par le centre hospitalier, la mairie de Pinon, le conseil général et l'association CHAV' nous nous devions également de présenter un spectacle, au moins en cours de travail.
Nous voulions également animer des lectures dans les médiathèques.
En quelques sortes, l'objectif était de proposer une animation culturelle et théâtrale de trois semaines en diversifiant le travail des six comédiens que nous étions à travailler sur le texte de "La Famille Ordinaire" de José Pliya.
Avant de commencer cette action, la CCVA et la médiathèque d'Anizy-le-château ont proposé leur participation pour l'une de ces orientations qui les intéressait.
Ce que nous voulions c'est d'abord faire connaître notre travail. La rencontre avec les enseignants avait pour but de déceler les envies de création de classes PAC que nous avons l'habitude de prendre en charge. Nous souhaitons mettre en place un atelier hebdomadaire pour jeunes amateurs, un autre pour adultes et si possible un atelier destiné aux 3ème age : les médiathèques nous semblaient un lieu bien choisi pour lancer cette action.
Pour les lectures nous avons choisi de monter "la question" de Henri Alleg et libérer un temps de répétition à cet effet.
L'important pour nous était aussi qu'il y ait un public assez nombreux aux représentations prévues les 3,4,5,7 et 8 Novembre 2005. Ces représentations étant très proches les unes des autres et dans un rayon de quelques kilomètres seulement, le pari était risqué...
Logée dans les gîtes de Prémontré, l'équipe s'est installée le 21 octobre au soir avec pour commencer une rencontre avec les 3ème age du canton : à Prémontré, Anizy et Pinon. Peu de monde s'est déplacé mais un réel contact a été pris avec le groupe de jeunes retraités de Prémontré. Le groupe d'Anizy a plutôt envie d'assister aux représentations, ils ont d'ailleurs pour beaucoup répondus présent le 8 novembre à Pinon.
Les répétitions ont pu commencer dès le dimanche 23 au centre culturel de l'hôpital psychiatrique, endroit idéal pour notre activité. Nous avons été reçus par Pascal Voisine qui nous a suivi tout le long de notre action et qui s'avère être un partenaire très attentif et intéressé par notre travail. Un partenariat avec le service culturel de l'hôpital est lancé nous reviendrons régulièrement désormais, la prochaine fois étant fixée au 10 Avril.
La médiathèque d'Anizy se trouve également être un très bon partenaire qui s'est chargé d'une bonne partie de la diffusion et qui souhaite réitérer l'expérience de lectures ou bébés lecteurs très prochainement. Deux ateliers vont être mis en place en 2006 pour répondre à une réelle demande des participants adultes et adolescents.
Pour ce qui est des écoles de Brancourt, Anizy, Pinon et le collège d'Anizy, les enfants et enseignants ont été parfois surpris mais toujours enchantés par le travail proposé. Nous espérons mettre en place plusieurs classes PAC dès la prochaine rentrée.
L'équipe, constituée de 7 comédiens s'est investie pleinement dans toutes les tâches, vous constaterez dans le budget final que leur salaire ne correspond pas du tout aux efforts fournis ce qui, je pense, démontre une forte motivation générale et une vraie confiance en ce travail.
Les scénographies ont été réfléchies à l'avance entre Katy Morvan et Laurent Savalle afin de partir efficacement dans le travail. En fin de parcours nous avons demandé l'aide bénévole d'amis professionnels en maquillage et éclairages pour améliorer le rendement de notre travail.
En effet, nous avons choisi de travailler sur ces textes durs avec distance, et finalement opté pour le port du masque (d'où un maquillage et une tenue corporelle particuliers).
Le décors devait rester léger mais les différences de niveaux scéniques nous ont amenés à demander du matériel (rideaux et praticables) à la communauté de communes de Champagne Picarde. Un autre partenariat que nous souhaitons voir se développer.
Finalement nous avons réussi à garder cette idée de légèreté pour le spectacle tout en utilisant les effets que nous souhaitions.
A l'heure de la première représentation, nous étions à peine prêts pour "La Famille Ordinaire", "La Question" par contre n'était plus à l'étape de lecture mais bien à celle de spectacle...
Nous sommes pour l'ensemble très satisfaits de cette première action culturelle sur le canton, nous pensons l'élargir prochainement à l'ampleur du département et de la région.
Environ 900 personnes ont été touchées par notre action, ce qui est plus que ce que nous espérions, même de manière optimiste.
Notre travail a été dans son intégralité très bien reçu et encouragé par l'ensemble des participants. Les élus présents nous ont également manifesté leur soutien.
Nous espérons donc dès 2006 obtenir des aides suffisantes pour réitérer cette opération sur une durée plus longue et sans que cela ne ruine notre compagnie, vous constaterez dans le bilan qui suit que cette action a coûté plus de 5000 euros à notre compagnie, ce qui représente pour nous un investissement considérable. Nous comptons désormais sur les collectivités locales, départementales et régionales pour faire avancer nos projets.
Nous avons choisi de travailler à perte cette année pour donner l'occasion aux élus de voir notre travail. Certains se sont déplacés, nous espérons pouvoir réitérer ce type d'action dès 2006 et sur des périodes plus longues et cette fois sans déficit !
Nous proposons dès que possible la mise en place d'ateliers hebdomadaires pour les jeunes et les adultes, la prise en charge des bébés lecteurs pour les médiathèques qui le souhaitent, la création de deux spectacles pour l'année 2006, un pour adulte et un jeune public et la tournée de ceux-ci dans les écoles et mairies du plus grand secteur possible ainsi que l'organisation de plusieurs lectures spectacles.
Pour cela nous demandons au département et à la région une aide financière et espérons de la CCVA qu'en plus d'un soutien de sa part, qu'elle obtienne un soutien de la DRAC, de la région et du département pour un montant global de 40 000 Euros.
Ces aides nous permettront de créer des spectacles de meilleure qualité en travaillant dans des conditions décentes, de créer un emploi permanent en administration, de nous équiper matériellement comme nous avons commencé à le faire dans le but de pouvoir proposer nos spectacles à toutes sortes de lieux et de donner une dynamique culturelle de grande ampleur et de qualité au canton d'Anizy-le-château. Le soutien régional nous offrira la possibilité de jouer nos spectacles près de 30 fois en région.
En relation avec la CCVA nous souhaitons, à l'occasion du printemps des poètes (mars 2006) mettre en place un mini-festival pendant lequel le texte et la poésie seront à l'honneur. Tous les comédiens de la compagnie seront en activité sur le secteur pour animer des ateliers d'écriture, de lecture et d'interprétation pendant quelques jours. Nous inviterions ensuite les spectacles "Zilou parle" de Thomas Gornet et "Des bruits dans le couloir" de théâtre de rue Acid costic...
En accord avec les bibliothèques locales, nous espérons pouvoir mettre en place, une fois par mois des lectures de textes contemporains ouvertes à tous. Puisque nous voulions tout d'abord monter "Le roi se meurt" et que les droits en sont réservés, nous nous sommes plongés dans l'intégral de Ionesco et c'est vrai que cet auteur nous a particulièrement séduit. C'est pourquoi le choix de ces lectures s'orienterons vers ses œuvres libres de droit...
Pour jouer en milieu rural, il est essentiel d'etre équipé afin de pouvoir installer un théâtre provisoire n'importe où.
Nous travaillons actuellement avec l'association "le Castelet à musique" (27) qui nous loue son matériel afin que nos spectacles puissent être autonomes et remplir ainsi notre "contrat" qui est d'aller jouer en milieu rural dans tous types de structures d'accueil.
Le FADER nous a permis cette année de nous équiper en matériel d'éclairage, nous espérons pouvoir être autonomes dès l'année à venir...
L'objectif principal de ces atéliers est d'accompagner les participants dans leur recherche de bien être, d'équilibre par une étude du corps, du souffle et de la voix.
Des jeux, des exercices physiques, rythmiques, vocaux ou de réflexion, seront les moteurs principaux de ces moments de plaisir.
Chaque séance débutera et se terminera autour d’un cercle pour que chacun soit libre d’exprimer ses angoisses, ses envies ou ses remarques sur la séance passée ou à venir .
Ce cercle servira de moteur pour une série de premiers exercices d’échauffement et d’approche du jeu scénique.
Chaque séance comportera au moins un exercice visant à développer les qualités requises suivantes : l’éveil du corps (échauffements), l’écoute, le rythme, la disponibilité, le plaisir et la concentration.
Toujours accompagné de musiques, nous entamerons ensuite le travail sur plateau . Évidement, l’espace ne permet pas toujours la différenciation nette de la scène, il faudra donc dans ce cas se mettre d’accord et « marquer » significativement l’aire de jeu et les « sièges » des spectateurs.
Petit à petit des règles seront imposées au public comme aux comédiens .(exp : Aucun commentaire pendant la prestation d’un comédien , aucun décrochage « toléré » sur le plateau, des arrêts obligatoires vers un point fixe appelé « le secret »,...).
Après chaque passage, le comédien puis le public et éventuellement l’intervenant pourront faire des commentaires . Il est préférable que l’intervenant parle le moins possible en dehors des consignes qu’il donne ( et évidemment pour corriger d’éventuelles erreurs d’appréciation) afin que les apprentis comédiens soient toujours actifs . On évitera aussi les applaudissements afin de ne pas créer de différence selon un pseudo–applaudimètre.
Chacun devra , au cours de chaque séance se confronter au regard du public au moins une fois . La parole ne sera jamais obligatoire . En cas de réelle difficulté, une approche douce sera proposée afin de construire réellement un rapport agréable avec le plateau.
Les premières séances seront consacrées à l’éveil des sens et à la découverte du lieu scénique . On évitera les mimes et pantomimes avant les séances qui leur seront consacrées.
Les passages sur scène pourront être accompagnés de musique, et l’objectif premier sera de réaliser des actions simples, sans soucis de démonstration et ainsi éveiller un certain plaisir dans la rencontre avec la scène (les consignes pourront alors être compliquées petit à petit).
Pour aborder les premiers textes, des petits morceaux de phrases choisis seront d’abord distribués , puis interprétés seul ou par petit groupe.
Parfois, un temps sera donné pour la préparation, à quelques-uns , d’une action scénique autour d’un thème, d’un texte ou d’une musique imposée qui sera ensuite présentée au reste du groupe.
La confrontation au public et la répétition d’un travail étant une des caractéristiques principales du théâtre, chacune de ces improvisations sera commentée et retravaillée par le groupe et éventuellement gardée pendant plusieurs séances.
Si le temps le permet les dernières séances seront consacrées à des études de textes , afin de rechercher systématiquement le sens de celui ci et d’apprendre, même en première lecture à trouver l’énergie et la signification d’un texte.
Comme cela paraît évident après la description des objectifs, aucune représentation de pièce de théâtre ou de « match d’impro public » ou autres shows n’est prévue.
Il est effectivement possible, selon le désir des participants, de prévoir une présentation de travaux qui sera constituée d’un récapitulatif des exercices intéressants dans lesquels chacun se sera senti bien ou se sera révélé.
Si toutefois le groupe avançait vite et que le texte s’imposait, il est envisageable qu’un choix de textes soit fait sur un thème donné ou qu’une pièce soit montée en partie pour ces présentations, mais cela reste totalement dépendant du déroulement des séances et pas du tout systématique.
Il est à noté que l’atelier aura atteint ses objectifs lorsqu’au quotidien les participants se seront ouverts au choses extérieures , n’auront plus de soucis de démonstration et pourront prendre la parole ou l’espace devant un public sans problèmes susceptibles de nuire à leur prestation.
Cet enseignement artistique est inspiré du travail de B. Grojean (Comédien, compagnie entrées de jeu ) , B. Voisin ( Responsable des ateliers A3 du limousin) et P. Pezin (auteur sur les techniques d’apprentissage) mais aussi surtout d’une prise de conscience personnelle lors d’un parcours professionnel auprès de Radu Penciulescu (metteur en scène, pédagogue, professeur à l’institut dramatique de Stockholm , à l’université de Michigan,…) et de Silviu Purcarete (Directeur du Théâtre de l’Union, CDN Limousin).
Ces techniques ont ensuite été assemblées pour donner une pleine cohérence à un travail basé sur l’écoute et la découverte permanente.
Plusieurs fois testé sur des classes allant de la maternelle à la terminale en classe APAC, en centre d’accueil pour handicapés, et en ateliers amateurs pour enfants, pour adolescents et pour adultes , le travail s’avère efficace et apprécié.
Tous les besoins se résument en la mise à disposition d’une salle respectant les normes en vigueur et la rémunération de l’intervenant . Celle-ci peut être à la charge des participants ou de l’organisme lui faisant appel (mairie, centre de loisir, foyer etc.), ou répartie entre ces deux payeurs potentiels.
Il est toujours plus simple que la structure d’accueil s’occupe des paiements mais toute solution est envisageable.
Nature des prestations
La Compagnie CA VA ALLER s’engage à prendre en charge l’activité suivante :
Intervention théâtre, le Jeudi de 20h00 à 23h00, à raison de 36 séances soit 108 heures d’intervention, sur la période de Novembre à juin 2002.
Le FTK s’engage à mettre à disposition des intervenants :
Conditions générales
Les activités se dérouleront sous la responsabilité de la Compagnie CA VA ALLER représentée ici par Laurent Savalle, qui s’engage à respecter toutes normes en vigueur, tant pour la pratique de celle-ci que pour l’utilisation du matériel y afférent.
Modalités de paiement
Le coût horaire de chaque séance est fixé après négociation avec les lieux d’accueil mais il ne nous paraît pas décent de rémunérer un comédien moins de 25 euros net de l’heure.
Cette somme sera réglée à terme échu, soit par chèque remis à l’intervenant à l’ordre de la Compagnie CA VA ALLER soit par virement sur le compte de la Compagnie.
Ces tarifs sont indicatifs et sont modifiables en fonction des moyens et des besoins de la structure d’accueil.
Si ce dossier vous intéresse vous pouvez pendre contact directement avec l’intervenant dont l’adresse figure en première page.
Vous pouvez également envoyer un courrier au directeur de la compagnie, Laurent Savalle
Si il vous paraissait incomplet la compagnie peut également mettre quelqu’un à disposition pour vous exposer oralement les objectifs de ses stages.
Et si toutefois il ne vous intéressait pas vous pouvez également le transmettre à une autre structure susceptible d’être intéressée.
Merci d’avoir pris connaissance de notre action d’enseignement théâtral.
A bientôt
CONSERVATOIRE DE ROUEN
ACADEMIE THEATRALE DE L’UNION (CDN de Limoges)
LE SONGE D’UNE NUIT D’ETE
de Shakespeare, Mise en scène par Silviu Purcarete.
ANIMAUX EN PARADIS
de H. Barker, Mise en scène par Howard Barker.
NOCES DE SANG
de Lorca, Mise en scène par Paul Golub.
A BRAHAM TRANSFERT
de Guy Lafrance, Mise en scène par Guy Lafrance.
LE VEILLEUR DE NUIT
Spectacle solitaire de conteur de rue.
EXERCICES DE STYLE
de Queneau, Mise en scène par Yann Dacosta.
APRES LA PLUIE
de S Belbel, Mise en scène par M Ravera.
CABARET BERLINOIS
de B Brecht et K Valentin, Mise en scène par MH Garnier.
LE SOUFFLE DU MONDE
de P Fernandez, Mise en scène par Pierre Fernandez.
ZILOU PARLE
de P Lerch, Mise en scène par Thomas Gornet.
AMOUR DELICE ORGUE
de Karine Geyslin, Mise en scène par Karine Geyslin.
LE GOUT DES AUTRES
Agnès Jaoui.
PERE OU IMPAIR
c-m Cédric Laroche.
DIRECTION CRITORIUM
de G Foissy.
LE COORDONNATEUR
de B Galemiri.
LANGUES ÉTRANGÈRES : Anglais, Allemand.
MUSIQUE : Piano classique, Guitare d’accompagnement.
SPORTS : Équitation, Tennis, Ski
Agence Georges Lambert,
représentation artistique et littéraire
http://www.georgeslambert.fr
1997 :
1993-1997 :
1998-1999 :
1999 :
2001-2002 :
2002 :
1993-1997 : Travaux d’élèves du théâtre des bains douches d’Elbeuf.
1998-1999 : Travaux d’élèves du conservatoire de Rouen.
2001-2002 : Travaux d’élèves du théâtre de la Canaille.
2000-2004 :
2002 :
2004 :
2004 :
Depuis 2000 :
2005 :
LANGUES ÉTRANGÈRES : Espagnol, Anglais, Allemand.
MUSIQUE : Pratique du chant et de la Danse.
SPORTS : Natation, Volley-ball, Aérobic.
AUTRES : Permis B, animation socioculturelle.
1997-2004 : Stages de théâtre sous la direction de :
2002-2003 : Comedia dell arte
avec Alberto Nason (Théâtre des Asphodèles)
2002-2003 : Cours à l'école Le Magasin (Malakoff)
sous la direction de Marc Hadjajj et François Lamotte
1995-1997 : Formation aux ateliers
de l'Ecole du Théâtre National de Chaillot
2000-2004 : Chant lyrique au conservatoire de Noisy-le-Sec
avec Elisabeth Conquet-Chauveau (ténor)
1996-2004 : Danse contemporaine
avec Heddy Maalem (Ateliers Saint-Cyprien, Toulouse) Pierre Doussaint (La Ménagerie de verre) Abou Lagraa (workshop à Bayreuth en Allemagne) Christelle Defosse et Toni D'amielo (méthode Peter Goss)
2000-2003 : Clown avec la compagnie Polichinelle
2001-2004 : Mise en scène de spectacles de fin d'année et cours de théâtre à des enfants et des adultes dans le cadre de l'association S.A.B.A. à Aulnay-sous-Bois.
1995 : D.E.A. de sociologie à l'université de Toulouse-le-Mirail (La violence en Algérie)
1993 : Maîtrise de sociologie (L'accompagnement des malades en fin de vie)
2004 : Le coordinateur de Benjamin Galemiri
M.E.S. de Laurent Savalle
Rôle : Milan.
Lieu : Théâtre de Fouquerolles
2003 : Le Misanthrope de Molière
M.E.S. de Béatrice Courcoul
Rôle : Alceste
Lieu : Théâtre du Parvis des arts à Marseille
2001 : Le feu rouge de la salle des fêtes de Barthélémy Sorel
M.E.S. de l'auteur
Rôle : Lucien
Lieu : Théâtre des 3 bornes (Paris XIe)
2000 : Le poéte comme un boxeur de Kateb Yacine
M.E.S. de Réda Kateb.
Rôle : Mha Queneau-Tardieu
2000 : Aller-Retour de Raymond Queneau et Jean Tardieu
M.E.S de Phillippe Eretzian
Rôle : le préposé
Lieu : Théâtre Bourvil (Paris XIIe)
1999 : Andromaque de Jean Racine
M.E.S. de Isabelle Ratier
Rôle : Oreste
Lieu : Théâtre du Tourtour (Paris IIIe)
1994-1996 : Avec la Cie du théâtre de l'Acte
M.E.S. de Phillippe Dupeyron
1996 : Le fou et la nonne de Stanislaw Ignacy Witkiewicz.
Rôle : Walpurg.
Lieu : Forum des Cordeliers (Toulouse)
1994 : Le mariage de Witold Gombrowicz.
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